Rumengol

Publié le par Jean l'escargot

Un des trois sites sacrés

   Au pardon de Rumengol, l'un des plus grand de Bretagne, on invoque Notre-Dame de Tout-Remède : ce vocable est dû à une éthymologie fantaisiste qui fait venir Rumengol de Remed Holl, c'est à dire " tout remède ". Le sens véritable du mot s'est perdu ( " Pierre rouge de lumière ", " Pierre sur la hauteur de saint Guenolé ", " Hauteur toute pierreuse ", ... ). On peut simplement remarquer qu'il existe un Remungol à 8 km au nord de Locminé : dans les deux paroisses, on vénère une fontaine sacrée. Ici, elle est située à quelque distance du sanctuaire, en direction de Hanvec. On descend par quelques marches près du bassin, surmonté d'un petit édifice, dans un enclos de pierre : l'eau en serait souveraine pour toutes les maladies du corps et de l'âme.



 

   L'église Notre-Dame date de 1536. L'ensemble paroissial de cette ancienne trève de Hanvec a perdu son ossuaire; le calvaire du XVe siècle de son cimetière a été transporté à l'écart, avec les tombes. La porte solennelle ne s'ouvre que sur le placître. L'église est une construction du XVe au XVIIIe siècle. Son porche gothique porte sur son tympan une Adoration des mages, et, à l'intérieur, de chaque côté d'une Annonciation, les douzes apôtres. Le portail ouest marie les styles. Les deux retables du transept, de la fin du XVIIe siècle, sont dus aux ateliers de la Marine, qui ont travaillé le décor comme un théâtre et les statues des Vertus, des évangélistes et des saints comme des figures de proue, avec puissance, richesse et vie. L'autel Saint-Jean-Baptiste, situé à droite, était réservé aux Vicomtes du Faou, puis à la maison de Richelieu. Le buffet des orgues de Dallam (1699) a été transformé par Heyer en 1876. Enfin, si les confessionnaux sont du XVIIIe siècle, les verrières sont toutes modernes. Devant le clocher à l'ouest, un vaste espace gazonné permet de lire la messe en plein air les jours d'affluence.

Eglise Notre-Dame














   Aujourd'hui encore, le peuple breton vient à Rumengol de très loin. Le vrai pardon traditionnel doit s'accomplir à pied, et bien des femmes, et non des plus jeunes, parcouraient plus de 50 km  de cette manière pour rejoindre l'illustre sanctuaire. Chaque année, il y a deux pèlerinages principaux : l'un, le grand pardon commence le vendredi et se termine le dimanche de la Trinité l'autre, moins important, est célébré le 15 août.





   L'existence même d'une messe de minuit, entre le samedi et le grand dimanche, avec veillée et procession, laisse supposer que la dévotion à la vierge Marie a supplanté en cet endroit l'adoration d'une déesse de la Terre et de la Nuit. Mais la christianisation daterait d'une époque lointaine : la tradition veut, en effet, que la première chapelle édifiée en ce lieu ait été l'oeuvre du roi Gradlon. Gradlon, après la submersion de la ville d'Ys, se rendant avec son ami saint Guénolé à l'abbaye de Landévennec, vit, des hauteurs du Menez-Hom, les feux d'un artifice païen. Il fit le voeu de le remplacer par une église dédiée à la Trinité et à la Vierge. A la Palud, en Plonévez-Porsay, les fidèles chantent un cantique à Sainte Anne qui rappelle les donations faites par le roi en expiation de ses péchés de jeunesse :

... Ar Palud da zantez Anna
Rumengol d'ar Werc'hez Vari
Ha Landevenneg da bedi.
La Palud à sainte Anne,
Rumengol à la vierge Marie,
Et Landévennec pour qu'on y prie.


   Ce seraient donc là les trois sites sacrés les plus anciens de la Cornouaille. Après quinze cents ans d'existence, ils sont tous trois encore le lieu d'une dévotion extrêmement vivace.

 

Fontaine Sacrée sur la place du village



Ancienne église en ruine à la sortie du village direction Hanvec

 

Publié dans trankilik

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maman 18/02/2009 21:11

très interessant j'en apprends des choses!