La Feuillée

Publié le par Jean l'escargot

   Commune la plus haute de Bretagne, haut lieu de la chiffonnerie bretonne, La Feuillée (dont l'église paroissiale, de style gothique flambloyant, a été remaniée vers 1860) fut jusqu'à la Révolution le siège d'une très importante commanderie d'hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. Située à la rencontre de voies de communication importantes, elle accueillait les voyageurs.
 

 













Chapelle de Saint-Houardon

   Au bas du bourg, cet édifice à clocheton était l'ancien oratoire de la commanderie. De nombreux vestiges mégalithiques subsistent le long de la voie romaine qui mène au hameau du Litiez jusqu'au Roc'h Trédudon.




Roc'h Trevezel

   Juste derrière le bourg, le Roc'h Trévezel offre le spectacle d'arêtes déchiquetées. Du sommet, on bénéficie d'un superbe panorama sur les campagnes du Léon.
(photos à venir...)


Historique

   An Folled, correspondant à la forme moderne du breton : ar Fouillez, est le nom médiéval de la paroisse de La Feuillée figurant dans une charte apocryphe attribuée à Conan IV Duc de Bretagne.

   Du XIIè au XIVè siècle, l'accroissement démographique est important : c'est une période de défrichements ; l'agriculture et l'artisanat se développent sous l'impulsion des moines cisterciens qui s'installent en 1132 au Relec (Plounéour-Ménez), au nord de Berrien. Cette période de grande vitalité va entraîner la création de nombreux hameaux dont le nom commence par Ker (à La Feuillée, fondation du XIIè siècle, le nom de 2 hameaux sur 3 commence par Ker).

  

 

   Au XIIè siècle et jusqu'à la révolution, La Feuillée fut le siège d'une commanderie de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem et un "Ospital" y accueillait les pèlerins le long de la voie romaine traversant la Bretagne. Là, il était possible de se restaurer et de se reposer, après le franchissement des landes des Monts d'Arrée ; à cette époque, La Feuillée était une trêve de Berrien.

 

   Avant que d'opportuns défrichements ne fussent venus transformer l'aspect de son sol, cette commune était l'une des plus pauvres de la Haute Cornouaille. Sa population se composait presque uniquement de marchands et de chiffonniers ambulants. Ces derniers que l'on appelle en breton pillouerien étaient célèbres dans toute la Basse-Bretagne dont ils parcouraient les cantons à cheval ou avec une charrette attelée d'un maigre bidet en quête de vieux os, de ferraille, de "pillou", en échange desquels ils donnaient des écuelles de terre, des mouchoirs et autres objets.

 

   Lorsque Jacques Cambry (conseiller du département chargé de constater l'état moral et statistique des communes au lendemain des évènements révolutionnaires) vint dans ces parages en 1794, il fut tout surpris d'y trouver "au lieu d'individus bornés, des gens plus vifs d'esprit, plus pleins de feu, plus riches d'idées, et possédant plus de facilité à s'exprimer en français que les autres paysans de Bretagne en général "; à cette époque La Feuillée comptait 1400 habitants !

 

   Voici que qu'écrivait Cambry en 1794 dans son ouvrage "voyage dans le Finistère".

"La Feullée est située sur une colline ; les maisons sont de blocs de granit couverts d'ardoises. Cette commune pauvre, abandonnée, séparée de tout, au milieu d'un désert, au pied des montagnes d'Arrée, contient environ 1400 habitants. Le grand chemin de Carhaix à Landerneau la traverse ; les terres qui l'environnent sont peu fertiles ; elles ne suffisent pas à la nourriture de leurs habitants : l'industrie suppléé à l'aridité du sol."

 


 

 

 

 

 

 



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