Huelgoat

Publié le par Jean l'escargot

(Plus de photos bientôt...)


Jan Verkade, peintre, ami et compagnon de Paul Sérusier lors du séjour de ce dernier à Huelgoat, en 1891, décrit le village : " C'est pour ainsi dire une longue rue dont un grand marché forme le centre. Elle est resserrée entre un ravin profond et un grand lac dont les eaux, non loin de la sortie du village, tombent en cascade d'une grande hauteur, puis ces eaux forment un ruisseau, poursuivent leur course et disparaissent un certain temps sous des blocs de granite entassés de manière fantastique les uns sur les autres. "


Histoire
Huelgoat (Uhel-Coat) veut dire " le bois du haut " et rappelle que la forêt de Brocéliande s'étendait jusqu'ici au XVIe siècle. " Vieille localité comme dès la fin du XIIIe siècle, siège d'une juridiction ducale, incorporée plus tard au siège de Carhaix, Huelgoat était aussi une place forte pour la défense de laquelle Du Guesclin ordonnait en 1373 une garnison de vingt lances " (Louis le Guennec, Finistère monumentale). La commune se développa au XVIIIe siècle autour de l'exploitation d'une mine de plomb et d'argent qui se tenait alors à l'avant-garde des techniques d'extraction. Depuis sa fermeture et après une période d'assoupissement, la localité reprend vie grâce au tourisme. La forêt domaniale de chêne et de hêtres d'Huelgoat concentre toutes les curiosités touristiques du lieu, le sous-sol granitique émergeant par endroits en chaos.

Chapelle Notre-Dame-Des-Cieux
Le choeur de cet édifice du XVIe siècle, de style gothique flambloyant, abrite de belles boiseries sculptées et polychromes dont les soubassements représentent six scènes de l'enfance de Jésus, depuis l'Annonciation jusqu"au massacre des innocents. La croix du placître date du XIXe siècle.

 

Eglise Saint-Yves

Cet édifice du XVIe siècle contient des sablières sculptées et, à gauche du choeur, un beau groupe représentant Saint-Yves rendant la justice.

 

L'étang

Au nord de l'église, cette nappe d'eau, d'une quarantaine d'hectares, a été créée au XVIIIe siècle par un barrage destiné à alimenter les canaux nécessaires à l'exploitation des mines de plomb argentifère situées en aval, mine découvertes dès l'époque romaine, mais exploitées véritablement de 1729 jusqu'à la fin du XIXe siècle.

 

Forêt d'Huelgoat
La forêt d'Huelgoat est le berceau de nombreuses légendes, suscitées par l'aspect impressionnant des sites rocheux qui se succèdent. L'itinéraire suivant permettra au promeneur de s'orienter au royaume des lutins et autres géants de Bretagne.


Chaos du Moulin
A une extrémité de l'étang, sous la chaussée, le Fao (ici appelé rivière d'Argent en raison de l'existence des mines), descendu de la montagne de La Feuillée, tombe de 20 m et se perd sous le chaos du Moulin, " un amoncellement de blocs erratiques aux formes arrondies, merveille de ce pays merveilleux " (Louis Le Guennec). A cet étonnant chaos, qui n'est pas sans rappeler les rochers de la forêt de Fontainebleau, plusieurs interprétations sont avancées. L'une est géologique : tous ces blocs, agglomérés sur les hauteurs par des sédiments, se seraient désolidarisés sous l'action des eaux et auraient dévalé la pente, formant ainsi cet entassement de roches. Quelques-uns seraient restés suspendus, en équilibre, telle la Roche Cintrée. Les autres explications relèvent de la légende. Pour certains, Garguantua, furieux qu'on ne lui ait servi qu'une bouillie de blé noir à Huelgoat, se serait dirigé vers le Léon et, par représailles, aurait jeté tous les rochers qu'il trouvait sur son chemin à l'emplacement de l'actuel chaos. Pour d'autres, plus sacrilèges, le granite que Dieu préparait se serait mis en grumeaux, et il l'aurait déversé au-dessus d'Huelgoat. Pour d'autres encore, ce pourrait être le résultat de l'animosité mutuelle des habitants de Berrien et Plouyé, qui en vinrent à se bombarder à coups de roches. Mais les pierres retombaient inévitablement à mi-chemin, à Huelgoat.



Trou du diable
Ce serait l'entrée de la route qui mène à l'Enfer. Celle-ci est bordée de quatre-vingt-dix-neuf auberges où des servantes, de plus en plus désirables au fur et à mesure qu l'on approche du but, servent du vin. Le voyageur qui arrivera sobre aux portes de l'Enfer pourra rebrousser chemin. Mais dans le cas contraire, les diables lui feront avaler une horrible mixture de sang de crapaud et de couleuvre qui ne manquera pas de contamner le malheureux à la damnation.

Roche Tremblante
Pierre géante de plus de 100 t, qui oscille légèrement par une simple pression du dos à un endroit précis (qu'il faut découvrir...).


Menage de la vierge
Autre amas rocheux que les Huelgoatains pensent être la première maison de la Vierge, avec son lit, son chaudron, son parapluie et le berceau de Jésus.


Grotte d'Artus
Premier site du domaine du roi Arthur, pour qui " la forêt de Brocéliande était la plus agréable du monde, haute, sonore, belle à chasser ". Si la forêt de Paimpont en Ille-et-Villaine passe pour être au centre de la légende arthurienne, les celtomanes du XIX e siècle ont voulu voir dans la forêt d'Huelgoat sa réplique basse-bretonne. La grotte aurait hébergé le grand roi des chevaliers que l'on nomme ici Artus. On y voit son lit, creusé dans la pierre et haut perché pour le protéger des bêtes nocturnes, et, plus loin, sa fontaine, bassin transparent formé par le ruisseau.

Camp d'Artus
Il s'agit d'un important monument gaulois avec murus gallicus (rempart constitué de deux parements bien appareillés et ossature de bois et à comblement interne de pierraille) formant une ellipse de 270 m sur 115 m, et qui dépasse parfois 10 m de hauteur. Il est lui-même inclus dans une enceinte extérieure plus basse mesurant environ 3 km de pourtour. Aujourd'hui, les vestiges font l'objet d'une mise en valeur de l'Office National des Forêts. Le camp passe pour contenir des trésors fabuleux, gardés par des démons qui traversent les airs sous la forme de feux follets. Artus y aurait enfoui le trésor que Merlin lui fit découvrir au Val-sans-Retour et qu'il emporta avec lui.

La mare aux sangliers

Gouffre et rivière d'Argent
(Après le ménage de la Vierge, suivre l'allée Violette qui longe le cours d'eau et rejoint la route de Carhaix.) Un escalier descend vers le gouffre dans lequel la rivière d'Argent se précipite d'une hauteur de 8 à 10 m, et où l'eau prend parfois une couleur rouge sang en raison de la couleur des rochers. C'est là que la tradition situe le lieu dans lequel Dahud, fille du roi Gradlon, précipitait ses amants d'une nuit, du haut de son Kastel-Guibel, vieux château surplombant le gouffre et dont les ruines étaient encores visibles à la fin du siècle dernier. Une autre légende prétend que de longs souterrains reliaient la ville d'Is à Huelgoat. Quand la mer engloutit la ville, elle s'engagea jusqu'au gouffre et Dahut, changée en sirène par Saint Guénolé, vint y chanter pour couvrir les plaintes de ses amants. Sortant du gouffre légendaire, la rivière d'Argent reprend son périple parmi les rochers. Ses rives sont le domaine des fées d'Huelgoat, qui se distraient en lissant leurs longs chaveux blonds avec un peigne d'or, toute la nuit durant, à la lumière de la lune. D'une grande beauté aux heures nocturnes, elles ne sont, le jour, que de vieilles femmes aux cheveux d'un blanc sale, dépourvues de toute bonté, jeteuses de sorts et amies des sorcières.

Entrée du gouffre (on aperçoit un bout de l'échelle pour y accéder à droite de l'image)

Dans la demeure du diable...


Et si vous avez de la chance, vous trouverez un panneau en plein milieu de la forêt indiquant un café librairie très chouette : "L'autre rive". Ambiance reposante, bonne musique, patron sympa. Par contre, une fois assis, après 3H de marche, c'est difficile de repartir...


Et si vous avez l'oeil, vous rencontrerez peut-être un farfadet.

Publié dans trankilik

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mam 27/04/2009 21:40

c'est beaucoup mieux avec les photos ! très contente d'avoir vu a quoi ressemble un farfadet bisousmam